Alors qu’Intel introduit son chipset de dernière génération X48 sur le marché, les cartes mères à base de chipsets X38 et P35 demeurent une bonne solution pour une configuration milieu de gamme.
Outre l’annonce du constructeur d’un contrôleur mémoire amélioré pour le chipset X38, le principal changement entre ce dernier et le P35 consiste en un Northbridge différent. En effet, celui-ci gère 2 ports PCI-e 16x à la norme 2.0 alors que le P35 possède un port PCI-e 16x cablé en 16x relié au MCH (Northbridge) et 1 port PCI-e 4x relié à l’ICH (Southbridge).
Je vais m’intéresser à la carte DFI DK-P35-T2RS qui comme son nom l’indique embarque un chipset P35 aussi appelé « Bearlake ».
LE CHIPSET P35 EN DETAIL :
Destiné aux cartes milieu de gamme, ce chipset de série 3 introduit la prise en charge du Front Side Bus à 1333 Mhz : La bande passante entre le processeur et le Northbridge évolue ainsi de 8.5 Go/s à 10.6 Go/s par rapport aux FSB 1066 Mhz du chipset P965, son prédécesseur.
Le contrôleur mémoire quand à lui, peut tout aussi bien gérer de la DDR2 (667 Mhz et 800 Mhz) ou de la DDR3 (800 Mhz et 1066 Mhz) selon le choix du fabricant de la carte mère.
Comme tous chipsets Intel, le P35 est composé de deux éléments : Le Northbridge (MCH) et le Southbridge (ICH). La liaison entres ces deux composant se fait via un bus DMI à 2 Go/s.

1) Le Northbridge :
Composé de 45 millions de transistors gravés en 90 nm, il est chargé :
- - Des fonctions critiques.
- De la gestion du Front Side Bus.
- De la gestion de la mémoire.
- Du contrôleur PCI-e.
Composé de 4.6 millions de transistors gravés en 130 nm, il passe en version « 9 » et se décline en 3 types :
- - ICH9
- ICH9 DH
- ICH9 R
L’ICH9 R est principalement chargé du stockage et des interfaces d’entrée et de sortie. Il gère :
- - 6 ports SATA (AHCI 3 Gb).
- 6 Ports PCI-e.
- 12 ports USB.
- 1 contrôleur Ethernet Gigabyte intégré.
- - L’Intel Matrix Storage Technology (Raid 0/1/5/10).
- L’Intel Rapid Recover Technology.
- L’Intel Turbo Memory.
- L’e-SATA nativement :
- La fonction démultiplicatrice de ports e-SATA
Les cartes mères DFI sont bien connues des « overclockeurs » grâce au potentiel de monter en puissance du processeur qu’elles procurent.
La gamme comprend la célèbre série des « LanParty » qui se décline en 4 sections :
- - LanParty
- LanParty LT
- LanParty DK
- LanParty UT


Une fois la boite ouverte, le bundle ainsi qu’une notice en anglais et chinois spécifiant les conditions de garantie lors de l’installation du processeur, se trouve sur un support en carton protégeant ainsi la carte mère.

Le bundle est limité au strict minimum :
- - 2 Câbles SATA
- 1 Adaptateur double SATA / Molex
- 6 Cavaliers
- 1 Plaque arrière
- 1 CD de Drivers et utilitaires
- 1 Disquette de drivers RAID
- 1 Nappe ronde Floppy
- 1 Nappe ronde IDE
- 1 Manuel d’utilisation (Angais, Français, Allemand, Espagnol)

Une fois le Bundle découvert, la carte en elle-même se laisse apercevoir au travers d’un sachet antistatique.

La carte révèle sur un PCB noir, sa connectique de couleurs jaune et orange réactif aux UV.

LE LAYOUT EN DETAIL :
A l’heure de la surenchère de cuivre et de heatpipes de la part des constructeurs pour le système de refroidissement, DFI se distingue en optant pour de simples radiateurs relativement hauts sur le Northbrige et autour du socket pour refroidir les étages d’alimentation.

Le Southbridge aura également droit à un radiateur de taille plus modeste.

Avec un unique port PCI Express 16x, DFI fait volontairement l’impasse sur l’exploitation de la technologie CrossFire.

Bien entendu, nous trouvons 4 slots mémoire pouvant accueillir, pour chacun d’entres eux, 2 Go de DDR2 667/800 en double canal.

1 port IDE accompagne 6 ports SATA, particulièrement bien positionnés en affleurement sur le bord de la carte.

Sur le coté se trouvent 3 headers permettant de connecter 6 ports USB en supplément des 6 déjà présents en sortie de carte. De plus 1 bouton Marche/Arrêt et un bouton Reset permettent d’exploiter la carte hors du boitier.

Reste à détailler le panneau arrière où figurent (de gauche à droite) :
- - Ports PS/2 souris et clavier
- Sortie optique S/PDIF
- Sortie coaxiale S/PDIF
- Cavalier pour Clear CMOS
- 6 ports USB
- 1 port LAN (Gigabit – Marvell 88E8052)
- Sortie Audio 7.1 (Realtek ALC885)

A signaler qu’un second jumper pour effectuer un Clear CMOS est présent sur la carte elle-même.

Le grand absent est le port Firewire qui a complètement disparu aussi bien sous forme de connecteur interne qu’en sortie arrière. Il n’est pas possible non plus de brancher un périphérique e-sata puisqu’ aucune équerre n’est fournie et que la carte n’en possède pas nativement.
INTEGRATION DANS LE BOITIER :
Au premier abord, cette carte au format ATX dispose d’un layout bien pensé et aéré, il ne devrait pas y avoir de grandes difficultés pour l’installer dans un boitier ANTEC P180.
Ce qui devait être qu’une formalité au départ se complique à la mise en place du ventirad.
Bien que les pattes de fixation passent juste au dessus des condensateurs, le Noctua NH-U12 voit ses ailettes toucher le radiateur du Northbridge, ce qui empêche la base d’être au contact du processeur.


Devant cet état de fait, je suis donc contraint de monter le ventirad dans l’autre sens, ventilateur vers le bas. Par chance mon boîtier est équipé d’un ventilateur 120 mm en extraction sur le dessus, le flux d’air sera respecté.
Par contre c’est au tour du ventilateur de reposer sur le radiateur du Northbridge, le décalant ainsi d’un centimètre environs vers l’avant. De plus le ventirad positionné de cette façon condamne le premier slots mémoire, il deviendra donc impossible d’utiliser 4 barrettes.

Le reste du montage s’est déroulé sans problème.
Il est important de noter que le choix du FSB se fait à l’aide de cavalier sur la carte et non pas par l’intermédiaire du Bios.
Ces derniers seront difficilement accessibles lorsqu’un ventirad imposant sera présent. Il faut donc penser à les modifier, le cas échéant, avant de le mettre en place. C’est alors l’occasion de se servir des cavaliers « long » fourni dans le bundle.

De même l’idée de mettre un cavalier pour effectuer un clear CMOS à l’arrière de la carte pour un accès facilité est excellente. Alors pourquoi l’avoir enfermé dans la plaque arrière le rendant de ce fait inaccessible ? Là encore pour profiter de cette option il faudra échanger le cavalier par un plus long.

LE BIOS : DEDIE A L’OVERCLOCKING :
Les cartes DFI sont réputées pour leurs capacités en overclocking, DFI semble vouloir perpétuer cette tradition avec la DK-P35-T2RS en lui dotant un bios riche dévolu à cette pratique par l’intermédiaire du : « Genie BIOS Setting ».

Découvrons ce qui ce cache sous « ce bios de génie ».

Dans ce menu se trouvent les traditionnels réglages du coefficient multiplicateur de la valeur du FSB, de la vitesse mémoire…etc
Je vais m' intéresser plus particulièrement à la deuxième ligne : DRAM Timing où une multitude de réglages sont disponibles.




Au total j’ai dénombré 48 lignes de paramétrage mémoire avec plusieurs choix possibles, cela fait des centaines de combinaisons disponibles.
Un écran dédié au voltage est également accessible :


Pour terminer ce tour succinct de ce bios extrêmement complexe, il reste à dévoiler une riche idée du constructeur qui permet de sauvegarder quatre bios différents. Ces configurations gardent leurs paramètres même après un « Clear CMOS » permettant rapidement de retrouver un PC fonctionnels après une tentative d’overclocking manquée.


Si l’idée de sauvegarde de bios est excellente, il est regrettable qu’aucune suite logicielle ne soit disponible pour modifier celui-ci à la volée sous Windows. En effet, le logiciel de monitoring fourni (Smart Guardian) est indigne des capacités que nous laisse entrevoir cette carte.
J’aurais également apprécié de pouvoir flashé le bios autrement que par l’utilisation de disquettes.
LES TESTS :
Ma cartes DFI va subir une batterie de tests afin d'évaluer plusieurs sous systèmes (Interfaces IDE , SATA et USB, mémoire…). Pour cela, je vais utiliser les applications suivantes :
- • PC Wizard 2007
• HD Tach 3.01,
• Science Mark 2.0,
• Everest Home Edition 2.2
Je comparerai les résultats obtenus avec les performances des trois cartes mères au chipset P35 testées sur GinjFo au mois de septembre dernier.
Pour avoir une analyse la plus juste possible, les tests utilisant le GPU ne seront pas effectués puisque la carte graphique utilisée ici n’est pas la même.
De même mon E6600 sera sur cadencé pour atteindre la fréquence de 3.00 GHz correspondant à celle du E6850.
Enfin, j’utiliserai les paramètres par défaut du BIOS et la mémoire sera configurée en 667 Mhz avec les timings suivants :
- • CAS // Latency : 5
• RAS to CAS : 5
• RAS Prechare : 5
• Cycle time : 15
- - Boitier : Antec P180
- Alimentation : Antec Neo HE 550 W
- Carte mère : DFI Lanparty DK-P35-T2RS
- Mémoire : Crucial BallistiX Tracer PC8500
- Disques dur : WD Raptor 36 Go + Seagate Barracuda 7200.9 SATA II
- Carte Graphique : MSI NX7900GTO
- Carte son : Creative SB X-Fi

La DK-P35-T2RS démontre une supériorité en « Burst Speed » de l’ordre de 6 % environ par rapport à la Gigabyte P35-DS3R qui obtient ici le « plus faible » score.
Les résultats en « Average Speed » sont quasiment identique avec nos quatre cartes testées, l’écart se chiffre en dizièmes de Mo/s.
Les performances sous PC Wizard 2007 sont plus disparates, en effet notre DFI se positionne en bas de classement ( 3eme derriere la MSI P35 Platinum Combo et l’ Intel DP35DP ) en écriture séquentielle.
Les performances en lecture séquentielle sont en retrait par rapports aux autres concurrentes avec une difference de plus de 16% avec la meilleure d’entre elles.
Enfin, la DFI se classe dernière pour les performances en «écriture buffered » (- 5 % par rapport à l’ Intel DP35DP) et en première position pour les performances en « lecture buffered » (+ 9 % par rapport à la Gigabyte).

Les tests avec interface IDE démontre les bonnes performances de la Gigabyte P35-DS3R et de la DFI DK-P35-T2RS en « Burst Speed » tandis qu’en « Average Speed » nos quatres protagonistes offrent des performances égales.

Sous PC Wizard, la DK-P35-T2RS dominent l’ensemble de ses adversaires dans trois tests sur
quatre. Seule l’Intel DP35DP offre de meilleures performances sur l’épreuve de lecture séquentielle avec + 1.49 Mo/s.

Il semblerais que les performance avec interface USB soient le point faible de la DFI, Que se soit en « Burst » ou en « Average » Speed, la différence varient entre respectivement 3.6 Mo/s et 3.3 Mo/s entre la meilleure carte et la DK-P35-T2RS

PC Wizard nous donne une vision plus détaillée des performances USB. Il s’avère que la DFI DK-P35-T2RS est plus véloce en écriture et moins performante en test de lecture.

Nous pourrions résumé les performance mémoire de notre DFI de test pour cet exercice par :
- • Meilleure en lecture et Latence
• Moins bonne en Ecriture

La remarque précédente est d’autant plus valable sous PC Wizard 2007, toutes nos cartes présentent des scores pratiquement semblables.

Dans le test de bande passante sous Science Mark, deux cartes aux performances similaires se distinguent : La MSI Platinum Combo et la DFI DK-P35-T2RS. Suit de près l’Intel DP35DP tandis que la Gigabyte P35-DS3R s’avère décevante.
TEST SUPPLEMENTAIRE :
J’ai souvent répeteé tout au long de cette présentation que la DFI DK-P35-T2RS semblait avoir des prédispositions pour l’overclocking.
J’ai donc voulu savoir si cette carte tiendrait ses promesses en la matière. Après avoir « essayé » d’exploiter le potentiel du bios particulièrement riche, je suis arrivé à monter en fréquence mon E6600 (2.40 GHz) à 3.60 GHz, ce qui représente 50% d’overclocking.
Une étude plus poussé du bios permettrait sans doute d’amélioré encore cette performance mais cela m’a semblé un juste compromis surtout qu’à cette fréquence la température du chipset atteint 59° C.
J’ai soumis mon processeur overclocké à Super-pi 1M et 2M :


J’ai ensuite voulu connaitre le score sous CPU Mark 99

CONCLUSION : DU BON ET DU MOINS BON
Mon dossier sur la DFI Lanparty DK-P35-T2RS se termine, cette carte me laisse dans l’ensemble une bonne impression.
Quelques bonnes idées sont aux rendez-vous, comme la sauvegarde du bios ou le cavalier en sortie de carte pour effectuer un Clear CMOS.
Je regrette par contre l’absence de port firewire interne ou externe ainsi que le réglage de la fréquence par système de cavaliers sur la carte datant d’une autre époque.
Il faudra également faire attention lors de son acquisition de la compatibilité avec le ventirad utilisé : mon Noctua NHU 12 ne se positionne qu’en position horizontale et condamne de ce fait un slot pour barrette mémoire.
DFI semble avoir choisi de miser la réussite de cette carte sur son bios : De par ses multiples paramétrages (surtout au niveau de la mémoire), il ravira les plus experts d’entre nous tandis qu’il « rebutera » les néophytes qui préféreront laisser les réglages par défauts et ainsi ne pas exploiter pleinement les possibilités d’overclocking.

